Questions / Réponses
Comment peut-on être très compétent et pourtant se sentir nul ?Ca n'est là qu'un aspect de la confiance en soi... et ça s'appelle le Syndrôme de l'imposteur. Expliqué en quelques mots: c'est le fait de douter de ses capacités alors qu'il y a des preuves concrètes de ces compétences. Il s'accompagne souvent de la peur d'être démasqué/e. Ce phénomène a été décrit pour la première fois en 1978 par P.CLANCE et S.IMES et tire souvent ses origines dans le perfectionnisme, une forte exigence personnelle et certains contextes professionnels ou sociaux. Lorsqu'on s'attache à le comprendre en séance, on va chercher ses racines dans l'histoire, ainsi qu'identifier les fausses croyances intégrées avec le temps pour les déconstruire et repartir avec une image plus juste de soi.
Quelle différence faites-vous entre confiance en soi et estime de soi ?D'après le philosophe Charles Pépin, la confiance en soi serait la confiance dans ma capacité à AGIR lorsque je suis confronté/e à une situation qui nécessite de moi une adaptation. Alors que l'estime de soi correspond à la valeur que je m'accorde. On peut donc avoir une bonne estime de soi, par exemple, tout en ayant un doute dans ses capacités à bien agir. De la même façon, on peut avoir une bonne confiance en soi tout en doutant de sa valeur personnelle, d'être quelqu'un de bien. En séance, on apprend à agir autrement, car la confiance se construit dans l'action, mais aussi à intégrer la résilience nécessaire pour se relever lorsqu'on échoue... car échouer fait partie du processus évolutif.
Que se passe-t-il dans le corps avant un examen, une prise de parole ou un rendez-vous important ?Les réactions de notre corps dépendent fortement de ce que notre système a intégré comme règles depuis sa naissance. Si j'ai eu une mère suffisamment bonne, sécurisante, en capacité de m'apprendre l'auto-régulation et de modéliser pour moi une carte relationnelle basée sur la constance et la confiance, mon système nerveux pourrait peut-être bien ne pas se mettre en alerte. Si malgré tout cela, des expériences répétées d'humiliations ont marqué mon enfance ou mon adolescence, mon système pourrait avoir intégré une méfiance par rapport au monde extérieur et se mettre en alerte comme en protection nécessaire face à un monde qui a été trop souvent associé à la douleur physique ou émotionnelle. Ces étapes qui mènent à ma maturation peuvent également mener à une réaction inadapté de mon système à des moments où sa mise en alerte ou en protection n'est pas nécessaire. Les symptômes d'un système en alerte peuvent être comme suit: sueurs, battements cardiaques accélérés, hyperventilation, tremblements, système digestif hyperactif, spasmes, rougissements, bégaiements ou inhibition intellectuelle/ perte de ses moyens. C'est un peu comme si notre corps venait donner raison à cette petite voix intérieure qui nous souffle qu'on n'est pas capable. Lorsqu'on sent que notre corps nous "échappe", n'a pas les réactions attendues, c'est qu'il est temps de venir identifier les blocages et faire évoluer ces pensées/croyances inappropriées.
Quel petit changement concret peut-on expérimenter entre deux séances ?Certains observent que le corps est plus détendu, d'autres que le changement de posture ou les nouvelles affirmations intégrées en séance agissent rétroactivement sur un système qui ne se place plus en hypervigilance ou en hyperactivité car il a pu déconstruire le lien d'association erronné entre la situation et le danger/ intégrer que le danger n'existe plus.
Racontez une situation où quelqu'un a changé son regard sur lui-même.Une jeune cliente devait passer un examen significatif pour la suite de sa vie professionnelle. Elle était manifestement brillante, connaissait son cours sur le bout des doigts et s'estimait compétente. Elle ne questionnait pas sa légitimité et trouvait qu'elle méritait en effet sa place. Seulement il semblait que son corps ne suivait pas sa tête. Les pensées rationnelles ne suffisaient pas à rassurer le corps qui bafouillait, tremblotait, ce qui pouvait provoquer une montée d'angoisse (hyperventilation, rythme cardiaque accéléré, petite voix essouflée) qui détonait absolument avec son état intérieur stable et sûr de lui. Nous avons fait toute une séance pour identifier l'origine du stress. Puis, nous avons travaillé sur le corps, la posture, la respiration, la voix. Nous avons réappris au corps à se comporter. Bien sûr, ce travail n'aurait pas été possible sans la séance préalable qui a permis de sortir de l'état d'alerte. Mais ensuite, c'est par le corps que nous sommes parvenus à ancrer une nouvelle façon d'être au monde. Nous nous sommes entraînées ensemble non pas sur le fond - qu'elle maîtrisait sur le bout des doigts - mais sur la forme avec des exercices pratiques qui replaçaient le corps dans un état de maîtrise et de joie. Objectif : prendre du PLAISIR. Profiter de chaque instant de cette expérience de couronnement d'années de préparation et de mois de révision. Elle avait déja "couru le marathon" des révisions, le système devait juste intégrer que c'était le moment de célébrer sa victoire avec fierté et assurance. Elle a réussi haut la main, sans angoisse et sans tremblement. Une reine !